

le thé est la boisson la plus bue
au monde après l’eau. En réunissant ainsi l'humanité autour d'un bol il est fidèlement le miroir de notre condition humaine : notre universalité et nos diversités, notre joie et nos espérances, notre désir de paix et nos contradictions, notre entente et nos déchirures, notre volonté et nos actes...
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Dans un état normal on ne ressent que ce que l’on est capable de nommer. Cette nomination prend généralement la forme de mots, car notre pensée est habituellement verbale, mais recourt aussi à des nominations par images, par souvenir... Pour déguster l’étendue de son vocabulaire est essentiel afin d’élargir son champs de conscience et ainsi de perception... en bref, le champs d’expression. Dans son remarquable roman "1984" G. Orwell avait très bien décrit les liens quantitatifs et qualitatifs d’un vocabulaire grâce à sa novlangue: une dictature interdisant l’emploi de certains mots, réduisait d’année en en année le choix des mots ceci afin, en bridant la pensée des assujettis, de rendre la rébellion impensable et impensée. Voici un extrait de la "langue du thé" née de la rencontre d’un héritage asiatique et européen vieux de plusieurs milliers d’années. Car même si l’Europe est un continent "jeune" pour le thé sa dégustation s’est greffée sur des vieilles techniques de dégustation d’autres produits... et une déjà longue quête de la saveur. A cela il faut encore ajouter l’héritage personnel et le style de chaque tea-taster... L’infusion (les feuilles infusées) :
Quelques exemples : Pendant les pluies, des feuilles de bonne qualité et manufacturées avec soin, peuvent donner de bonnes "colour", "strength" et "thickness" mais seront assez pauvres en "flavour" et "pungency". Une manufacture soignée peut atténuer les caractères "thin", "washy", "weak", "plain" et "coarse" de feuilles médiocres. Si clean-ordinary et lacking-hungry expriment le même ordre d’idée, une absence de caractère, autant pour le deuxième groupe, contrairement au premier, on ne peut s’en contenter. Une liqueur avec un "character" typique saisonnier, de terroir ou de procédé sera racé. Et si en plus de cette référence il possède une originalité individuelle il sera "distingué". "Dry", "bakey", "high-fired" et "burnt" expriment des degrés ascendants dans une dessiccation trop forte. Mais voyez-vous, malgré tout ce vocabulaire et ces mots, on est loin d’avoir tout dit du thé... |

