

le thé est la boisson la plus bue
au monde après l’eau. En réunissant ainsi l'humanité autour d'un bol il est fidèlement le miroir de notre condition humaine : notre universalité et nos diversités, notre joie et nos espérances, notre désir de paix et nos contradictions, notre entente et nos déchirures, notre volonté et nos actes...
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Quelques fois on propose à un tea-taster des liqueurs pratiquées au mépris de toutes les règles élémentaires pour réussir, simplement, un bon thé. On lui lance alors, avec un peu de malignité, "dis-nous ce que c’est". Il est important de savoir que la montagne, et même la plus haute, a en commun avec une vallée le niveau zéro. Cela signifie que l’on peut tout niveler au plus bas et, à ce stade, tout se ressemble. Entre quelque chose de très raté et une autre chose très ratée il n’ y a souvent pas beaucoup de différences. Ici nous sommes en présence d’un "seuil de présentation". Il y a un seuil en dessous duquel les choses ne se présentent plus à vous: il faut aller les chercher loin, elles sont partielles, mutilées, camouflées, étouffées, perdues. Leur identité, de qualités et de défauts mêlés, ne s’est pas exprimée. Pour révéler il faut que la lumière, même juste un rai, se présente à vous. Nous devons arriver au minimum à ce seuil de présentation, ce seuil où les choses disent leur nom. L’arrivée à ce seuil n’est pas toujours progressive, elle peut être surgissement. Un mot en moins dans une phrase peut nous faire perdre le sens de ce qui est écrit. Le sujet d’un dessin, à un trait près, peut être reconnaissable ou non. Bien entendu cette présentation n’est jamais complète, comme une lumière qui aveugle, et ménager des parts d’ombre, d’obscurité, de non-dits; de non-faits et d’"intime impalpable". Une attitude responsable, une démarche respectueuse et un comportement franc se doivent donc au moins d’atteindre, voire franchir, le seuil de présentation. "Atteignons ce seuil et, après, nous en reparlerons". |

