

le thé est la boisson la plus bue
au monde après l’eau. En réunissant ainsi l'humanité autour d'un bol il est fidèlement le miroir de notre condition humaine : notre universalité et nos diversités, notre joie et nos espérances, notre désir de paix et nos contradictions, notre entente et nos déchirures, notre volonté et nos actes...
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Il y a sensation lorsque l’efficacité d’une stimulation est révélée. "On cherche en vain l’au-delà du phénomène; mais le phénomène est en soi une révélation" écrivait Goethe. Oui, la perception est en soi une forme de grâce, une vie dans des mondes construits sur des révélations. La révélation ou plutôt notre révélation est un appel, une question, une réalité, une vérité en elle-même. Comme l’écrivait Henri Barbusse dans l’Enfer, un livre inoubliable: "Cet appel hors de l’abîme vers de la lumière, cet effort de la vérité cachée vers la vérité cachée, de toutes parts il s’élève, de toutes parts il retombe, et, hanté par l’humanité, j’en suis tout sonore. Moi, je ne sais ce que je suis, où je vais, ce que je fais, mais, moi aussi, j’ai crié, du fond de mon abîme vers un peu de lumière." A l’instar des maîtres de thé, des humbles, des marginaux, des exclus, des hommes de libération et de parole... à l’instar de tous ceux qui, par vocation, choix ou circonstances se sont retrouvés naufragés dans la vie. Ceux dont la nef s’est brisée... cette nef qui les séparait du ciel, de la mer et aurait pu les mener, dans une illusion de sécurité, loin de l’ici. Ces naufragés, modestes et vulnérables dans la vie font corps avec les flots, les rythmes et le cheminement des vagues. Ceux-là sont proches de la révélation... au coeur des éléments, sans distanciation ni illusion. On goûte en se dévêtant de ses prétentions, dans un rapport humble et sensible à l’émerveillement. Maurice Magre écrivait "toutes les sagesse accumulées depuis des siècles nous enseignent que, dans la vie, il faut faire naufrage pour être enfin jeté par la mer sur l’île des fontaines d’argent et des citronniers d’or"... et seul l’océan de la vie connaît les chemins qui mènent à l’île de la révélation. Il suffit, avec sincérité, d’accepter de s’y faire conduire. |

